E-Inclusion/Internet social
De WikiCybercommune.
Partage d’expériences.
Extraits :
« Nous avons des échanges avec l’association Défis, de Lanester, qui reconditionne des parcs informatiques pour mettre des ordinateurs dans les foyers en situation d’exclusion numérique » (EPN Ploemeur, Centre social Plougastel, Mairie Lorient,…)
« Nous faisons des ateliers informatique pour les demandeurs d’emploi » (Point Internet Kervénanec)
« J’ai été formée à Linux par Défis. J’ai une mission d’initiation basique à l’informatique » (EPN Clohars-Carnoët)
« Les personnes qui viennent nous voir sont relativement aisées. On aimerait aller vers les autres, qui ne viennent pas d’eux-mêmes » (Cyberbase Sarzeau, Cybercommune d’Arzon, Espace multimédia de Pacé)
« Nous avons un groupe de travail sur les usages. L’objectif est de réduire la fracture numérique » (Pays de Cornouaille)
« Je ne connaissais pas le terme « e-inclusion » (Communauté de communes du Val d'Ille)
« On a récupéré les ordinateurs de la commune, mais on ne sait pas quoi en faire » (Communauté de communes du Val d'Ille)
« On se demande : qu’est-ce qu’on peut apporter aux habitants, en terme de services, d’accessibilité… ? » (Commune de Landéda)
« On travaille avec des personnes handicapées » (cyberespace de Plabennec)
« On travaille avec l’ANPE pour proposer des ateliers » (cyberespace de Plabennec)
« On a créé un lien intergénérationnel en permettant à des jeunes de retaper des ordinateurs, de mettre Linux dessus, puis de les apporter chez les personnes âgées qui le désirent » (cyberespace de Plabennec)
« On tente de travailler avec les publics éloignés, mais on n’y arrive pas. Pourtant on propose un créneau le jeudi matin pour les demandeurs d’emploi » (Centre social de Guilers)
« Il faudrait réfléchir à des activités prétexte, pour établir un premier contact » (Centre social de Guilers)
« On voit arriver d’autres personnes, en augmentant le nombre de postes. Ce sont des personnes qui n’ont pas Internet chez elles. Il ne s’agit pas toujours d’initiation » (Espace multimédia de Pacé)
« On redéfinit actuellement notre projet Cybercommune. On a essayé de faire un peu d'e-inclusion vers les personnes agées, demandeurs d'emploi... mais ça n'a pas vraiment marché » (communauté de communes du Val d'Ille)
« Je viens voir ce qui se fait chez les autres » (ECM le Fourneau)
Interventions
Anabelle Boutet (sociologue, Télecom Bretagne – Marsouin) :
On voulait comprendre les freins aux usages. Etude à Kerourien, un quartier de Brest repéré comme « populaire ». Projet en parallèle de « l'internet de rue » d'ATD quart-monde. Ce qui est ressorti c'est la question de la reconquête de soi. Dans tous les discours de ces associations d'insertion, il revient l'idée que « le multimédia est un outil qui revalorise les personnes et donne confiance aux gens ».
Michel Briand : Projet Intergénération à Brest
Depuis 7 ans, on regroupe des jeunes de dispositifs-relais. L’idée : inverser les choses, devenir profs auprès de personnes âgées : construisent des blogs, des wikis... Les jeunes reprennent confiance en eux, ils se reconstruisent un projet et sont fiers de ce qu'ils font. « On n'est pas dans du luxe, on est dans de l'essentiel »
Elisabeth Le Faucheur Joncour (Ville de Brest): Projet « Médiation, multimédia et lien social des personnes en situation de précarité » porté par le CCAS
Un réseau qui s’est constitué autour des questions d'isolement des personnes en grande précarité. Volonté de faire du lien entre les structures qui travaillent avec ces personnes. Ont été créés des groupes de travail, notamment un sur la communication. http://www.reperes-brest.net/
Michel Briand :
Beaucoup de points d'accès fonctionnent dans des lieux ordinaires, complètement improbables. Les travailleurs sociaux travaillent depuis longtemps avec les personnes en difficulté, passer par eux est un moyen de toucher ces gens-là. Rencontrer ces acteurs qui maillent le territoire et qui sont en contact avec les personnes éloignées, et travailler avec eux. On ne peut pas créer des emplois, des moyens sans arrêt, mais on peut faire avec ces personnes là. Les activités multimédia travaillent à la reconquête de l'estime de soi.
Stéphanie Lucien-Brun (Créatif) : la notion d’ « empowerment » (en français : « mise en capacité »)
A travaillé pendant des années avec des enfants en situation de handicap. Difficultés scolaires, notamment dues aux troubles du langage, pas faciles à détecter. Vers 8-10 ans ils peuvent tomber dans une spirale de l'échec. Pour ces enfants l'ordinateur peut alors être un outil de reconquête de l'estime de soi. Mais au-delà de cela, l'utilisation de l'ordinateur va permettre à l'enfant de vivre sa scolarité comme les autres, de ne pas subir sa scolarité. Mise en capacité de l'enfant à vivre sa vie d'écolier, à prendre sa place dans son environnement de vie comme les autres. Cela ne fonctionne que s’il y a les bons outils, s’il y a des professionnels qui mettent en oeuvre les bons outils, si les enseignants ont été formés, si tout cela évolue dans le temps. Importance de l'accompagnement, la sensibilisation.
Michel Briand : « Capacité de », capacité à produire des contenus. Etre acteur de la société de l’information, pas simplement consommateur.
Le recyclage d'ordinateurs
Une volonté dans la salle : 3-4 projets. Cela se développe dans toute la France, car il y a la dimension de développement durable.
Label national « Ordi 2.0 ». L’association Défis l’a obtenu : rôle de coordinateur.
« Le Boulon » sur Brest : association d'insertion. Réemploi informatique.
Antony Auffret (Petits débrouillards) :
L'accompagnement, c'est l'essentiel du projet. Ce n’est pas difficile de trouver des ordinateurs et de les remettre en état. Font un prêt a durée indéterminée. Les personnes ramènent l’ordinateur lorsqu’elles n'en ont plus besoin ou que l'ordinateur n'est plus en état. C'est de l'éducatif avant tout, de l'éducation populaire. Ca marche en interindividuel, entre voisins…
Michel Briand : projet « Internet pour tous en habitat social» :
Cela est parti du constat des zones blanches. . Abonnement à 1 euro par mois. Au bout de 9 mois, les habitants voteront pour décider s'ils gardent Internet ou non. Le numérique social : favoriser l'arrivée de l'Internet dans l'habitat social. L’idée : favoriser les usages. Le coût est réduit car il y a un effet de masse, le bailleur social fait une facture globale. Modems prêtés gratuitement aux gens. Regrouper des gens en CAE pour accompagner les personnes pendant 9 mois.
Bretagne Sud habitat fait l'équivalent sur Lanester. 3 euros par mois sans engagement.
Projet a Ploemeur, pour les nouveaux logements sociaux.
Antony Auffret (Petits débrouillards) :
Il y a différentes exclusions, toute une gamme. S'adapter aux différentes situations. "C’est séduisant que ces personnes puissent devenir profs pour les autres".
Stéphanie Lucien-Brun (Créatif) :
Attention à ne pas projeter sur les personnes nos attentes, qui ne sont pas forcément les leurs. Cela peut générer des frustrations pour l'animateur, mais les personnes n'en sont pas là.
Annabelle Boutet (sociologue, Télecom Bretagne – Marsouin) :
Attention à ce que l’on projette sur les gens. Le cas de Mickael LM qui a rencontré au CCAS des gens qui connaissent Internet mais qui en sont « à des années lumière ». C'est d'abord du lien social, le numérique est très loin.
Cette question sera reprise lors du Forum des usages (30 juin, 1er et 2 juillet à Brest).
